23 juillet 2008
Une « trench » de vie
Qui n’est jamais tombé amoureux d’une fille portant un imperméable lève le doigt ! C’est le vêtement le plus érotique de la garde-robe féminine. Bien plus sensuel que des porte-jarretelles ou qu’un soutien-gorge pigeonnant, il structure la ligne tout en laissant le corps se mouvoir librement. Les cinéastes de la Nouvelle Vague ont été les premiers à découvrir ses vertus aphrodisiaques. Les amateurs des salles obscures s’en souviennent encore avec émotion. La recette pour réaliser un bon film dans les années 60 était enfantine, il suffisait de suivre, pas à pas, la vie quotidienne d’une jeune femme qui portait un trench-coat. Grâce à cet uniforme des villes, toutes les filles ressemblaient à des héroïnes de cinéma. Elles avaient la démarche légère et le regard conquérant. Quant aux hommes, ils se prenaient tous pour Humphrey Bogart dans « Casablanca » ou Alain Delon dans le « Samouraï ». Car mystère de la génétique, l’imperméable fonctionne pour les deux sexes. Comme souvent en matière de mode vestimentaire, on doit cette création aux anglais. Ils ont tout inventé : le bus double decker, l’agent James Bond, la mini-jupe, le Pimm’s ou encore le sandwich au concombre. Mais un homme a révolutionné nos déplacements pédestres. Thomas Burberry a imaginé une gabardine « waterproof » à la fin du XIXème siècle. Les élégants lui disent encore merci. Il n’y a pas de manière plus raffinée d’affronter la pluie que protégé par un Burberry. Ce drapier anglais dont le nom est entré dans le langage commun comme celui du préfet Eugène Poubelle ou du baron Bich, n’aurait pas imaginé une pareille réussite pour son produit phare. Le trench-coat allait devenir un classique de la mode. Au départ, la gabardine créée par Burberry a une fonction strictement militaire. Il habille par exemple au début du XXème siècle le capitaine Roald Amundsen, un explorateur norvégien qui a découvert le Pôle Sud mais également le roi Edouard VII. Puis, ce seront les officiers britanniques de la première guerre mondiale qui populariseront ce vêtement dans les tranchées. La présence des épaulettes rappelle qu’un Burberry conservera toujours un aspect martial. Ses galons, il les doit à ses faits d’arme. Son succès tient à sa coupe cintrée et à quelques détails qui font toute la différence comme sa couleur beige, son intérieur écossais et ses garanties royales, les fameux « warrants » qui sont des brevets de bonne conduite attribués par la famille royale. L’aristocratie anglaise a en effet la passion du classement, de l’étiquetage et de l’organisation. La Reine, le Duc d’Edimbourg et le Princes de Galles sélectionnent ainsi leurs meilleurs artisans. Ils les récompensent en leur attribuant la garantie royale, ce patronage se concrétise par le droit d’apposer leurs armoiries sur n’importe quel produit avec cette phrase magique « By appointement to her majesty the queen outfitters ». Ce gentil manège existe depuis le Moyen-âge. Décrocher le fameux sésame est une véritable consécration pour le commerçant ainsi investi d’une parcelle du prestige monarchique. Les règles d’obtention sont très strictes et doivent garantir une grande qualité de fabrication. Burberry a obtenu en 1955 ce prestigieux sceau de la Reine Elisabeth et en 1989, le Prince de Galles a confirmé l’attachement de la couronne pour la marque anglaise. Paré de ses attributs royaux, l’imperméable Burberry vous accompagnera dans les bons et les mauvais moments de votre vie. Il sera toujours votre plus fidèle allié pour réussir un entretien d’embauche, séduire une femme ou tout simplement marcher sous la pluie. L’activité préférée des britanniques !
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