Le blog de Joss Beaumont

Blog consacré aux voitures anciennes, au cinéma, à la littérature et au doux parfum de la nostalgie. Mais qui est ce Joss Beaumont ?

20 août 2008

Le french flair

Ren_Lacoste

Toutes les plus belles histoires industrielles démarrent sur des paris un peu fous. René Lacoste, le numéro 1 du tennis mondial en 1926 et 1927 est une gloire des courts. Ce joueur acharné reconnaissable à sa casquette blanche, sa longue raquette en bois et son pantalon en toile flottant fait partie des célèbres « Mousquetaires » qui ont terrassé les américains en Coupe Davis. La presse l’a surnommé « le Crocodile » en raison de sa ténacité à ne lâcher aucun point mais surtout à cause d’une anecdote typiquement « frenchie ». Le capitaine de l’Equipe de France de tennis avait promis à René Lacoste de lui offrir une valise en crocodile s’il remportait un match important. L’élégance pousse à accomplir de grandes choses. René Lacoste demanda à son ami Robert George de lui dessiner un crocodile qui fut ensuite brodé sur son blazer en signe de reconnaissance et de ralliement. Lacoste venait d’inventer, sans le savoir, le phénomène des marques et les prémices du marketing. Son intuition sera copiée par tous les fabricants de matériel de sport de l’après-guerre faisant des athlètes des hommes-sandwichs. A la fin des années 30, les vêtements ne portaient pourtant aucun signe distinctif d’origine. On jugeait une chemise seulement à son toucher, jaugeant ainsi la qualité de la trame et du lainage. Désormais, la présence d’un petit crocodile sur le cœur vaudra gage de sérieux et de belle facture. Car René Lacoste n’est pas seulement un joueur de légende, il a révolutionné son sport en créant une chemise légère et agréable à porter. Auparavant, les tennismen utilisaient des chemises de ville pour s’adonner à leur sport favori. Lacoste a inventé le polo blanc à manches courtes conçu dans un tissu léger et aéré en maille « Jersey petit piqué ». Innovation technique, élégance française et succès garanti pour la marque au crocodile. En homme d’affaires avisé, René Lacoste imagina toute sa vie de nouveaux procédés qui pouvaient améliorer la performance des sportifs. En 1963, il fut l’inventeur de la raquette de tennis en acier. Une prouesse qui changea la physionomie des matchs donnant de la puissance et de la vitesse aux petites balles jaunes. Mais Lacoste est plus qu’un fabricant de chemisette. Son crocodile fonctionne comme un révélateur de nos souvenirs heureux. Les polos Lacoste ont rythmé nos vacances. Nos pères, nos grand-pères les ont portés à la plage, sur le bord d’une piscine, autour d’un barbecue, sur un voilier. Lacoste est le partenaire des activités extérieures des français depuis plus de soixante-quinze ans. Il est l’annonciateur des longues soirées d’été où la discussion se fait languir et où les amours naissent à l’abri du regard des grands. Lacoste, c’est la maison de famille qui ouvre ses volets au printemps, c’est vos cousines qui courent en short court dans le jardin, c’est tout simplement une promesse de bonheur partagé.

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La vie est belle

Good_Life

Il y a des marques qui sont seulement connues des initiés. Good Life fait partie de ces secrets jalousement gardés entre gentlemen. On se refile le tuyau avec autant de précaution que s’il s’agissait d’un œuf Fabergé. Le fabricant a une clientèle fidèle qui apprécie la discrétion et qui n’aimerait pas une publicité tapageuse autour de son produit vedette : le blouson en agneau pleine fleur, boutons en corne et doublure écossaise qui porte le nom de Good Life. Pour se le procurer, une seule boutique à Paris dans le XVIème arrondissement vous accueillera dans une atmosphère cosy. Le volubile responsable, pianiste à ses heures, vous fera l’article avec un brin de folie et un enthousiasme mâtiné d’humour britannique. Pourquoi vient-on de toute l’Europe s’offrir ce blouson ? La qualité des cuirs, la fabrication à la française et le charme classique d’un produit hors norme. Les noms des blousons (Etretat, Herald, Shadows, Racing) sont un mariage d’esprit anglais et d’élégance française. Le dernier-né de la gamme s’appelle « Jumping », un admirable blouson d’équitation en cuir sauvage foulonné pleine fleur dans le style de ceux que portait Clark Gable dans les années 30. Sans oublier, le « Royal Biarritz », un modèle de sobriété avec sa doublure en sergine qui fera de vous un parfait dandy sur les champs de course ou dans les paddocks d’un Grand Prix.

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Accélérateur de particules

Porsche_911

Deux événements majeurs ont secoué l’année 1964 : la sortie du Gendarme de St-Tropez sur les écrans de cinéma et le lancement de la Porsche 911 en remplacement de la rondouillarde 356. Les hommes avaient enfin trouvé une monture à leur image. Plusieurs générations de 911 se sont succédé depuis et l’aura de cette voiture de sport allemande est toujours aussi forte. Les amoureux l’appellent par ces différents noms de codes successifs (964, 993, 996, 997). Si vous voulez faire plaisir à un homme, achetez-lui une 911 ! Vous serez sûr de ne pas commettre un impair ou une faute de goût. C’est bingo assuré ! Car elle symbolise le rêve absolu, un concentré de masculinité qui ne s’explique pas. Certains diront que son charme opère à cause d’une ligne sensuelle et virile, d’autres évoqueront des performances démoniaques et un glorieux passé sportif. Difficile de connaître la vérité. Quelle est la clé de son immense succès ? Une Porsche 911 plait au premier coup d’œil. Les proportions sont idéales, la vitesse dépasse allégrement les limites autorisées, elle fait de vous un type cool et rassurant. Steve McQueen ne s’y était pas trompé en l’utilisant en ouverture du film « Le Mans ». Pas un homme, même une star d’Hollywood, ne peut y résister. Même le constructeur allemand a du se faire à l’idée qu’elle était le socle de sa gamme jusqu’à la fin des temps. La marque a bien essayé de lui trouver des remplaçantes, mais la magie n’agissait plus vraiment. Les acheteurs voulaient irrémédiablement une 911. Vous ne vous débarrasserez pas si facilement de cette maîtresse envoûtante. Certains anciens propriétaires se réveillent parfois en pleine nuit, en sueur, ils ont, parait-il, entendu dans leur profond sommeil, le feulement caverneux de son six cylindres à plat. Une musique de chambre qui leur serre le cœur au petit matin. Ils en redemandent. Leurs femmes les prennent pour des fous. Ils le sont assurément. Les hommes vivent une histoire d’amour sans ombrages avec la 911. Une passion dévorante et exclusive. Car le poison que distille cette voiture les rend simplement vivants. Toutes les versions ont leurs adeptes. Les cabriolets séduiront les flâneurs, les « Turbo » et leurs extravagances esthétiques, les culturistes de la route et les Speedster, les nostalgiques de James Dean.

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Voyage, voyage

LandRover

Le Land est la meilleure chose que les anglais ont exportée après le Pimm’s et le « fish and chips ».

Un 4 X 4 devenu citoyen du monde dont la présence massive se fond dans tous les paysages… surtout les plus hostiles. Des rues étroites de la City aux plaines du Botswana, le Land est le roi du bitume et de la piste. On doit ses extraordinaires capacités de franchissement aux frères Wilks. Spencer et Maurice ont inventé en 1948 un véhicule tout-terrain encore plus efficace que la Jeep Willys du Débarquement allié de 44. Au début, son usage se limitait aux travaux agricoles, le Land remplaçait efficacement les attelages de chevaux. Au lendemain de la guerre, il faut en effet trouver des idées économiques et astucieuses pour produire une nouvelle voiture et mécaniser certaines tâches pénibles pour l’homme. Les premiers modèles sont conçus avec une carrosserie en aluminium et arborent une jolie couleur verte, la peinture provient des stocks d’une usine d’avions de chasse. Dès 1959, ce sont déjà 250 000 Land qui ont été vendus à travers la planète. Sa longue carcasse rectiligne devient alors familière aux explorateurs et autres aventuriers de l’impossible. Inimaginable en effet de partir en expédition sans s’équiper d’un Land. Cet engouement touche alors toutes les couches sociales. Personne ne résiste à cet engin rustique qui ne vous abandonnera jamais au fin fond de la savane africaine ou de la jungle amazonienne. Sa fidélité n’a d’égale que sa robustesse à endurer toutes les misères de la route. Les grands de ce monde craquent pour cet instrument qui se joue des difficultés topographiques. La Reine Elizabeth II, Sir Winston Churchill ou le Pape Jean-Paul II découvrent les joies de la promenade à bord d’un Land. En 1988, il prend le patronyme de Defender sans rien perdre de son âpreté. Ses aptitudes routières se sont améliorées mais l’on achète avant tout un Land pour ce parfum de découvertes. Il n’y a pas plus beau spectacle que de voir Paris s’éveiller, au pied du Sacré Cœur, en s’imaginant traverser les parcs naturels de Tanzanie. Monter dans un Land peu importe l’endroit où vous vous trouvez, c’est déjà voyager ! 

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La vie au grand air

Barbour

Si je vous dis « chasse, pêche et équitation » en sept lettres. Barbour, bien sûr ! Ceux qui vivent ou travaillent une grande partie de l’année à l’extérieur de leur domicile savent de quoi je parle. Les vestes anglaises ont acquis une réputation de solidité et d’étanchéité sans commune mesure. Le terme « Waterproof » a été inventé pour désigner les produits Barbour. Réalisées en coton égyptien et en toile huilée depuis les années 20, ces vêtements de pluie sont les meilleurs paravents contre le climat volontiers chafouin du Royaume-Uni. La marque a l’immense privilège d’avoir obtenu les trois garanties (Warrant) royales, celle du Duc d’Edimbourg en 1974, de la Reine en 1982 et du Pince de Galles en 1987. La pluie incessante qui inonde les îles britanniques, ne vous atteindra plus jamais si vous portez un Barbour sur vos épaules. Les noms des modèles (Beaufort, Bedale, Moorland, Gamefair, etc…) sont déjà des invitations à parcourir la lande écossaise et à se prendre pour Philippe Noiret dans « Un taxi mauve ». Souvenez-vous de cette époque bénie où lorsqu’on évoquait le mot taxi, nous ne pensions pas immédiatement à la ville de Marseille, mais à la couleur mauve. Une époque lointaine où les lacs du Connemara n’évoquaient pas une chanson de Michel Sardou, mais un film d’Yves Boisset. Où Charlotte Rampling n’était pas associée à Jean-Michel Jarre mais incarnait la sublime Sharon qui se promenait seins nus devant Philippe Noiret. En ce temps là, pour réaliser un film, on s’inspirait d’un roman de Michel Déon, on embauchait Peter Ustinov et Fred Astaire pour mettre de l’ambiance, on nous plongeait dans une Irlande sauvage et irréelle, on dansait au son de la cornemuse dans un pub où il fallait éviter les coups de poings et les chaises volantes. La bière était si brune qu’elle ressemblait à du café noir. Le docteur Scully soignait ses malades par les mots. La beauté des paysages était aveuglante. Les parties de chasse s’étiraient du petit matin jusqu’au coucher du soleil. On se gavait d’huîtres creuses. On appelait Paris d’une cabine téléphonique dans un bureau de poste perdu. On dormait mal. On n’arrivait pas à oublier le passé. Les chevaux s’ébrouaient sur la lande déserte. On conduisait une Range Rover de couleur moutarde. Un rideau de pluie voilait notre avenir. Et l’on portait des vestes Barbour abondamment graissées. Nos mains s’en souviennent encore.

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La jeunesse éternelle

Baracuta

Bon nombre de vêtements anglais ont été créés par des frères comme si la fratrie décuplait l’imagination. En 1937, dans la banlieue de Manchester, John et Issac Miller sont propriétaires d’une petite usine de confection (Baracuta). Ils ont un rêve : réaliser le blouson parfait. C'est-à-dire élégant, sportif et décontracté. Ce rêve s’appelle Harrington, une veste légère en coton fermée par un zip et dont la doublure en tartan coloré tranche avec la couleur beige extérieure. Vous me direz, ce n’est rien, où est l’exploit ? Un vulgaire blouson. Et bien, prenez une paire de ciseaux et essayez d’obtenir ce résultat, cette harmonie des formes. Une coupe ni trop cintrée, ni trop large, le bon ajustement du col, la matière suffisamment résistante tout en laissant de la souplesse aux mouvements du buste et des bras. Voilà à quoi ressemble un Harrington G-9 de la marque Baracuta. Un objet de très grande qualité. Mais pour que la magie opère, il fallait lui donner une âme et ce sont les clients de la marque qui vont se charger d’en faire la publicité. Pas n’importe quel acheteur, le « G-9 » a été porté par toutes les grandes stars des années 50-60. La renommée des productions Miller a atteint l’Atlantique et fait un véritable tabac aux Etats-Unis et au Canada au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale. Le premier a succombé au charme, est Elvis Presley qui l’enfile dans son film « King Creole ». Le King de Memphis en personne fait la promotion du « G-9 ». Ce sera ensuite au tour de Steve McQueen de faire la couverture du magazine LIFE en 1963 vêtu du célèbre blouson. Ce jour-là, il enfourche une moto et son épouse Neile lui serre fortement la taille. Frank Sinatra, autre idole de l’Amérique triomphante revêt un « G-9 » lors du tournage du « Hold-up du siècle ». Il partage alors l’affiche avec l’envoûtante Virna Lisi. Puis au fil des années, ce sont les rockers qui vont l’adopter notamment The Clash. Plus récemment, le groupe Franz Ferdinand s’était lui aussi laissé séduire par le « G-9 » qui aura traversé toutes les époques et toutes les modes. Un moment, les Punks et les Skinheads se prirent même d’affection pour lui. Mais il reste cependant l’apanage d’une tribu inoubliable : les Mods.  Dans la France des années 60, les garçons mettaient des costumes pour sortir. Le dimanche, les filles se parfumaient à la fleur de violette pour se rendre à l’église. Notre pays ronronnait gentiment. On s’habillait, on pensait, on dansait comme dans les années 50. Le temps s’égrenait sans surprise. Tandis que de l’autre côté de

la Manche

, les anglais avaient déjà mis un sérieux coup de pied dans la fourmilière. Nous regardions ce spectacle avec désolation et envie. C’est la rue qui donnait le tempo à cette agitation, à ce souffle de liberté. Sans le savoir, des milliers de jeunes prolétaires britanniques faisaient à leur façon une véritable révolution culturelle. On les surnommait les Mods. Ils écoutaient les Who et les productions du label Tamla Motown, cette soul noire américaine si langoureuse qui distille le chagrin de la triste banlieue londonienne. Ces gamins avaient fière allure au guidon de leurs Lambretta customisées. Ils ne ressemblaient à rien d’existant sur la planète. Ils s’inspiraient de la mode américaine, française et italienne. Nés pauvres, ils ne voulaient pas faire pitié. Bien au contraire, ils avaient la volonté de s’habiller, de se comporter, de vivre avec beaucoup d’élégance et de dignité. Leur tenue fétiche se composait d’un Levi’s 501, d’un polo Fred Perry et d’un Harrington G9.

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L’école n’est pas finie

GloverallGloverall2

Les anglais auront toujours une avance sur nous en matière de chic. Ces gens-là savent s’habiller même dans des conditions extrêmes notamment en haute mer. Ils ne perdent jamais de vue qu’en toutes circonstances, la distinction prime et ne nuit pas pour autant à l’efficacité. Nous autres français, avons la fâcheuse manie de dénigrer les activités de plein air. Nous avons trop d’esprit pour se préoccuper de ces choses-là. Résultat, nous sommes affublés d’horribles cirés jaunes dès que nous mettons les pieds sur un bateau. Bien qu’ils aient le mérite de nous faire repérer à plusieurs kilomètres, ils manquent cruellement de classe surtout lorsqu’on a déjà eu la chance de porter un duffle-coat Gloverall. A l’origine, ce vêtement militaire équipe la Marine Royale Britannique. Il est fait dans une corde originale de jute et ses attaches sont en bois. La famille Morris qui s’est spécialisé dans la vente de coton a été chargée d’écouler les surplus de l’Armée au lendemain de la Guerre. Mais quand les stocks commencent à fondre, elle imagine son propre duffle-coat capable de séduire à la fois les marins aguerris et l’homme de la rue qui ne veut pas sacrifier son standing. Elle utilise alors une toile de laine de grande qualité et des boutons en corne réelle. Le duffle-coat civil était né. Il allait habiller le monde entier. Car la force de ce vêtement est de couvrir toutes les couches de la société. Gloverall habillera aussi bien les familles princières, les acteurs célèbres (John Wayne, Clint Eastwood), les chanteurs (Bing Crosby, Oasis) ou les hommes politiques (George Pompidou). Depuis plus de cinquante ans, le duffle-coat a pourtant une clientèle qui lui est « romantiquement » acquise. Il s’agit des étudiants. L’hiver, il n’est pas rare de croiser à la sortie d’un amphithéâtre, un jeune homme ou une jeune femme emmitouflé dans un duffle-coat. Le cartable sous le bras, la tête emprisonnée dans la large capuche et cet air taciturne qui caractérise la jeunesse. Les étudiants sont les meilleurs représentants de la marque. Ils lui donnent une aura quasi-mystique. Enfiler un duffle-coat et vous vous prendrez l’espace de quelques secondes pour un navigateur célèbre ou pour un étudiant de la Sorbonne, de Princeton ou de Harvard.

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India song

Chukka

Décidément, sans les officiers anglais, nous aurions bien du mal à nous chausser. Le temps des colonies britanniques donnait des idées aux fabricants de souliers à défaut de faire avancer la cause des peuples. Les journées sous un soleil de plomb étaient longues, il fallait les occuper par diverses activités récréatives. Le polo en fut une. Le terme « Chukka » définit une période de jeu de ce sport équestre mais également des bottines souples en veau velours qui furent tour à tour utilisées par les militaires de sa Majesté et les joueurs de polo. Les origines historiques et les controverses sémantiques sont nombreuses. Une chose est sûre, les anglais ont trouvé dans les « Chukka boots » des souliers légers, agréables à porter, faciles à entretenir et affichant une ligne intemporelle. Surtout ne pas les confondre avec les « Desert Boots » qui se distinguent par leur semelle en crêpe. Les « Chukka » sont munies de deux ou trois paires d’œillets et dotées d’une fine semelle de cuir. En marron foncé, elles sont irrésistibles. Le spécialiste de la « Chukka » dont les créations sont les plus abouties, est la maison anglaise Crockett & Jones fondée en 1879 à Northampton par James Crockett et Charles Jones. Ce chausseur qui a longtemps fabriqué pour les autres grandes marques a décidé de s’installer à son propre compte et de distribuer ses modèles. Sa première boutique a vu le jour à Londres en 1996. La marque est jeune mais l’expérience dans le soulier de luxe immense car pour concevoir une paire, il ne faut pas moins de huit semaines de travail et plus de deux cents opérations manuelles. Au final, de splendides chaussures qui vous pousseront à imiter le style du dernier Vice-roi des Indes, Lord Mountbatten.

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La boite noire

Filofax

A l’heure des BlackBerry et autres technologies ambulantes, l’homme moderne a l’obligation d’être connecté toutes les heures du jour et de la nuit au monde extérieur. Si par miracle, il se passait quelque chose à Kuala Lumpur ou à Luanda, il serait le premier informé. Rassuré que la terre ne tourne pas sans lui. Sa vie se résume à un boitier qu’il compulse dans la salle d’embarquement des aéroports, en réunions ou dans les taxis. Si par malheur, vous lui dérobez son joujou, il pleure comme un enfant privé de sucreries. L’homme moderne manque cruellement d’élégance. Qu’est-il devenu ? Un esclave enchaîné à Internet et à son employeur, un surfeur fou, un drogué du réseau… Alors pour lui redonner un semblant de dignité, il peut commencer par jeter son appareil de torture et adopter un Filofax. Oui, un agenda en cuir tout simple comme il existait dans les années 30 et qui servait aux militaires et aux curés pour noter les événements les plus importants de leur existence. Un organiseur qui recense vos joies et vos peines, qui sent la vraie vie avec des pages griffonnées, des ratures et pas une communication satellitaire stérile. Boursouflé, encombrant, recélant mille curiosités (plan de métro, tables de géométrie, fuseaux horaires, carte du monde, etc…), ce Filofax peut se parer de peausseries exotiques. La version « alligator » fera de vous un homme autrement plus raffiné et intrigant qu’un propriétaire de jouet électronique. Le mot Filofax est dérivé de l’expression « file of facts » et il doit sa renommée à une secrétaire, un métier injustement moqué de nos jours. Une certaine Grace Scurr a sauvé toutes les données de son entreprise grâce à son ingéniosité et à son Filofax personnel. Les attaques allemandes sur Londres de 1940 ont détruit toutes les archives, la société était partie en fumée. Mais pas le Filofax de la demoiselle, ce GPS moderne où tous les noms et contacts avaient été jalousement conservés.

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