23 janvier 2009
Poème oublié de Joss Beaumont
Vitesse, ma funeste ivresse
Entends-tu ce bruit qui s’amplifie ?
Il arrive, il est là, tout près de toi
Ces montées en régime sonnent comme un défi
Quel est ce bandit qui ose braver la loi ?
Ma tête s’enivre, mon cœur s’emballe
Je n’ai jamais entendu un tel vacarme
J’ai peur que tout cela finisse en drame
Il dévore la route comme un cannibale
Pourquoi roule-t-il si vite ce possédé?
Quelle chimère espère-t-il décrocher?
Ne lui dîtes pas que c’est un fou à lier
Il ne sait pas quoi faire de sa liberté
Vitesse, ma funeste ivresse
J’ai mal au cœur
Mes mains tremblent de fureur
Vitesse, ma funeste ivresse
Tout petit, sa tête était déjà remplie de circuits
Des dizaines d’affiches de pilotes
Tapissaient les murs de sa chambre vieillotte
Il rêvait qu’il roulait toute la nuit
Il ne pensait qu’à conduire
Du soir au matin, sa vie tournait en rond
Son monde à lui était plus beau qu’un ballon
Il avait une terrible envie de fuir
Sa vie ressemblait à un tortillard
Une succession de routes sans trottoirs
Maintenant, il est trop tard pour tout arrêter
Ses rêves ont dépassé la réalité
Vitesse, ma funeste ivresse
J’ai mal au cœur
Mes mains tremblent de fureur
Vitesse, ma funeste ivresse
Sanglé dans sa combinaison de cuir
Sa destinée était parsemée de victoires
Personne ne pouvait lui interdire
D’aller au-delà de ses espoirs
Sa mère l’a vu partir
Dans ses bras, il reviendrait se blottir
Son grand frère avait le cœur serré
Un grand champion était né
Il volait au-dessus de la piste
Comme un funambule sans filet
A son passage, les gens n’étaient plus tristes
Et puis sa monoplace a décollé
Vitesse, ma funeste ivresse
J’ai mal au cœur
Mes mains tremblent de fureur
Vitesse, ma funeste ivresse
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