Le blog de Joss Beaumont

Blog consacré aux voitures anciennes, au cinéma, à la littérature et au doux parfum de la nostalgie. Mais qui est ce Joss Beaumont ?

29 août 2009

Hot Wheels, les miniatures les plus rapides du monde !

HotWheelslogo

Chez Hot Wheels, on aime les statistiques. Elles ne mentent pas. La marque américaine créée en 1968 par Mattel est fière d’annoncer que toutes les secondes, ce sont 6 petites voitures qui sont vendues à travers le monde. En 2008, Hot Wheels a même fêté la 4 milliardième miniature produite. D’après de savants calculs, on estime que plus de 15 millions de garçons âgés de 3 à 10 ans possèdent en moyenne plus de 30 voitures et que 41 millions d’adultes ont joué avec ces bolides de poche durant leur enfance. Le succès de Hot Wheels est l’œuvre d’un homme Elliot Handler, le cofondateur et président de Mattel qui a cru au marché des petites voitures à l’échelle 1/64ème. Le pari n’était pas gagné d’avance car au début des années 60, ce sont principalement les marques européennes (Dinky Toys, Norev, Corgi, Solido, etc…) qui ont le monopole sur ce secteur. Leurs réalisations à l’échelle 1/43ème sont plus proches de l’objet de collection que du simple jouet. Une miniature Dinky Toys est un cadeau qui se mérite et rares sont en fait les enfants des classes populaires à avoir pu s’amuser avec. Elliot Handler considère justement qu’entre ces belles miniatures et des jouets plus bas de gamme, il y a une niche à occuper. Le coup de génie de l’homme d’affaires est de s’adresser en priorité aux enfants américains de 6 à 11 ans. Les petits américains n’ont vraiment pas de chance car les fabricants de miniatures installés dans la Vieille Europe ne reproduisent que des modèles qui circulent dans les rues de Londres, Paris ou Rome. Quand vous habitez au fin fond de l’Arkansas, vous avez peu de chance de croiser une Fiat 500, une Renault 4CV ou une Morris Minor. Handler décide donc tout naturellement de construire des miniatures typiquement américaines en s’inspirant de la mode des customs, des hot rods et aussi des dragsters. C’est pourquoi dès l’origine, les Hot Wheels vont se différencier des autres marques par leur côté décalé, leur peinture tapageuse et leur style californien. Elles bénéficient surtout d’un perfectionnement technique révolutionnaire qui en fait les miniatures les plus rapides du monde. Leurs roues tournent librement sur des essieux métalliques extrêmement fins améliorant ainsi leur vitesse de rotation. Grâce à cette absence de frottement, leur force de propulsion devient incomparable. De plus, elles sont équipées de suspensions qui leur permettent d’amortir les chocs et de tenter des sauts impossibles. On est loin de l’esprit des Dinky Toys qui sont jalousement conservées sur une étagère à l’abri des gestes brusques. Les Hot Wheels revendiquent leur caractère ludique et moderne. Dans le premier catalogue de 1968, un slogan publicitaire résume très bien la philosophie Hot Wheels et dit clairement « Fastest metal cars in the world ! ». Les enfants les adoptent immédiatement. Vendues 90 cents l’unité, les Hot Wheels sont puissantes, bon marché et fun ! La première série se compose de 16 modèles (Sweet Sixteen) qui font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs. Il s’agit pour la plupart d’entre elles de sportives américaines revisitées par les designers de la marque : Custom Fleetside (Pick-up Chevrolet), Beatnik Bandit, Ford J-Car, Custom Eldorado, Custom Corvette, Hot Heap (hot-rod), Python, Custom Volkswagen (Cox), Custom Cougar, Silhouette, Custom Mustang, Deora, Custom T-Bird, Custom Barracuda, Custom Camaro et Custom Firebird. D’abord produites en Californie, elles seront ensuite fabriquées à Hong-Kong. Hot Wheels aura toujours eu une pointe d’avance sur ses concurrents notamment Matchbox que Mattel finira par racheter en 1997. L’américain a développé depuis quarante ans une gamme de circuits et de miniatures toujours plus innovantes à l’image de la collection «  Sizzlers » des années 70 qui équipaient les voitures de petits moteurs électriques. Depuis 1999, Hot Wheels a signé un accord d’exclusivité mondiale avec le constructeur Ferrari. La marque peut ainsi reproduire à toutes les échelles tous les modèles du Cavallino Rampante. Les enfants de 2009 comme ceux de 1968 n’ont pas fini de jouer avec ces petites autos. La 5 milliardième Hot Wheels est désormais en marche ! 

HotWheels

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10 décembre 2007

On the road again !

RussMeyer

Les courses-poursuites automobiles sont un label américain. Une invention typiquement yankee qui fait toujours gagner quelques minutes à un scénario poussif. Elles sont souvent irréelles, improbables et comiques. Mais, une chose est sûre, les réalisateurs américains aiment les voitures en décomposition. Ils ont la passion de la tôle froissée, du tête à queue et du tonneau à répétition. Ils ont même une prédilection pour la voiture de police qui explose en plein vol. Rappelons ici le record absolu de soixante véhicules détruits dans un film grâce aux impétueux Blues Brothers. Dès les années 60, Russ Meyer comprend cette attirance du public pour les cascades. Il va marier deux passions masculines : l’automobile et les poitrines ultra généreuses. De cette combinaison magique, sortiront quelques films surréalistes, des délires ruraux où de jeunes femmes gonflées de désir font la course dans des paysages désolés. Le nom des productions Meyer  est déjà en soi un voyage étrange vers le pastiche : « Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! », « Vixen », « Supervixens », « Megavixens », « Ultravixens ». A l’époque, les voitures utilisées sont des sportives européennes, Porsche 356, MGA, MGB et Triumph TR3. Mais les modèles américains vont prendre leur revanche dans les polars de la fin des années 60 et du début des années 70. C’est la période bénie des « Muscle Cars ». De patauds coupés survitaminés par des mécaniques gargantuesques. Des dragsters immatriculés capables d’abattre 400 mètres à la vitesse de l’éclair. De la dynamite sur macadam.

Cannonball2

Evidemment la Mustang 390 GT du lieutenant Frank Bullitt dans les rues de San Francisco ou la Dodge Challenger RT/10 de Kowalski dans « Point Limite Zéro » figurent au Panthéon des expériences automobiles réussies au cinéma. Le petit écran s’emparera également de cette passion mécanique pour les gros cubes avec plus ou moins de bonheur. La Ford Gran Torino de « Starsky et Hutch » et la Dodge Charger de « Shérif, fais-moi peur ! » tombaient souvent dans le grotesque. L’apothéose du délire fut certainement atteinte dans les années 80 avec « L’équipée du Cannonball ». Un OVNI cinématographique, une sorte de croisement entre le Rat Pack et les Marx Brothers. Au générique, Burt Reynolds, Roger Moore, Farrah Fawcett, Jackie Chan, Dean Martin, Sammy Davis Junior ou encore Peter Fonda. Un casting extraordinaire, des voitures fabuleuses Lamborghini Countach, Aston Martin DB5, Pontiac Transam et une traversée des Etats-Unis à très vive allure. On croyait ce genre d’opérations enterrées à jamais. Mais, c’était sans compter sur les souvenirs de Quentin Tarantino. Sa jeunesse a été bercée par ces excentricités routières. Alors, il va distiller quelques indices dans ses premières œuvres, la De Tomaso Mangusta de « Kill Bill », la Oldsmobile Regency de "Jackie Brown", la Chevrolet Chevelle Malibu de « Pulp Fiction ». Et puis dans son dernier opus « Death proof », il s’est enfin lâché, il a donné libre cours à son imagination. Les amateurs sont aux anges : Chevy Nova, Dodge Charger, Dodge Challenger, Ford Mustang. Avec toujours la même recette, des filles délurées, un méchant et des voitures démoniaques.

Deathproof

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09 décembre 2007

La vérité historique

Saturday

Il y a des films que le public encense pour de mauvaises raisons. Les voies du succès sont souvent impénétrables. « Saturday night fever » est décrit comme une fable joyeuse autour de la musique disco. Deux heures de pas de danse acrobatiques, de boules à facettes scintillantes, de grands écarts, de costards blancs et de virées en boîtes de nuit entre copains. Comme c’est bizarre de n’avoir retenu que le burlesque, le détail insignifiant et d’être passé complètement à côté de l’essentiel. Cette fièvre du samedi soir est très contagieuse. Elle ne montre pas un jeune américain qui danse pour son plaisir sur la musique des Bee Gees. Elle montre un fils d’immigré italien, un prolétaire qui galère, qui rêve devant des posters ridicules de Bruce Lee et de Rocky. Elle montre l’envers du rêve américain. Elle montre les doutes d’une jeunesse qui redoute l’avenir, qui préfère s’enfermer quelques heures sur une piste aux étoiles dérisoire. Elle montre la crise, la misère sociale, la came, le suicide, les coups rapides et salaces à l’arrière des berlines. Elle montre un monde à la dérive. Elle montre l’ennui et pourtant l’indicible besoin de s’en sortir, d’échapper à cette puanteur, de partir ailleurs. Elle montre l’échec d’une société qui nous impose son modèle terriblement injuste. Alors évidemment pour supporter tout ça, ne pas sombrer, ne pas se laisser emporter, l’appel désespéré des frères Gibb qui nous crie « Stayin’ alive » nous maintient artificiellement en vie.    

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28 octobre 2007

Pam Grier, la conscience noire

JACKIEB

Que Hale Berry nous paraît bien terne par rapport à Pam Grier ! L’époque est devenue consensuelle, on veut bien donner un oscar à une actrice noire, mais elle doit être lisse, avenante, souriante et surtout se plier aux exigences des studios de Hollywood. Tout le contraire de la panthère noire de Denver. Pam Grier est un animal indomptable, dans ses films, elle ne desserre jamais les dents. Elle joue des rôles de toxicos, de putes, de femmes battues, de prisonnières, parfois les cinq en même temps. On est loin de l’univers glamour de la James Bond Girl.Pam Grier est une tigresse qui vous met KO par sa beauté, son corps est une éternelle provocation, une atteinte à la pudeur et aux bonnes mœurs. A côté, notre turbulente Béatrice Dalle passerait pour un timide chaton. Pam, c’est de l’explosif, une héritière des Black Panthers, l’icône du mouvement Blaxploitation des années 70, la magnifique « Jackie Brown » de Quentin Tarantino. Toute son enfance, elle a suivi son père mécanicien de l’US Air Force sur les bases américaines en Europe. A son retour aux Etats-Unis, sa nature ne pouvait rester très longtemps inaperçue. Repérée par Russ Meyer, elle enchaîne les séries B, puis devient l’égérie de la communauté noire. Elle apparaît dans « Black Mama, White Mama », « Coffy », « Foxy Brown », des films produits par des blancs destinés à la communauté noire. De grands succès auprès d’une population qui en a marre d’être stigmatisée et qui revendique le droit d’exister. Sans Pam Grier, il n’y aurait pas Eddy Murphy, Will Smith et Beyoncé. Elle fait souffler un vent de liberté, d’irrespect et d’érotisme sur une Amérique puritaine.

Pamgrier

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20 octobre 2007

Schwarzy, l’autrichien à la volonté de fer

Schwarzy

Comment un gamin né dans la campagne autrichienne au lendemain de la guerre a-t-il pu devenir une star mondiale ? Arnold Schwarzenegger aurait pu rester un culturiste inconnu, un pauvre type qui pour faire le mariole montre ses biceps aux jeunes filles de Graz. Qu’est-ce qui a bien pu pousser cet adolescent à partir aux Etats-Unis ? A tenter sa chance dans un pays qu’il ne connaissait pas et dont la langue lui était quasiment étrangère. Certainement une ambition dévorante, une chance inouïe, un culot monstre, une suffisance incroyable et un destin à la clé inimaginable. La réussite du modèle américain est un leurre, un attrape-gogos qui cache une réalité violente et injuste. Mais Arnold est une exception, une fabuleuse exception qui contredit les statistiques. Pouvait-il imaginer un seul instant lorsqu’il faisait des tractions pendu aux arbres de son jardin, qu’il aurait son étoile sur Hollywood Boulevard, qu’il serait gouverneur de la Californie et qu’il se marierait à la nièce de JFK ? Sa bonne étoile ne l’a jamais abandonné. Il a maltraité son corps à coups d’anabolisants pour gonfler. Il a tellement enflé qu’il est devenu Mr Olympia. Son aventure aurait pu s’arrêter là. Mais non, le cinéma qui ne lui tendait pas les bras, fut bien obligé de se rendre à l’évidence. Cette montagne de muscles avait un impact sur les foules et une valeur marchande considérable. Puis ce fut au tour de la politique, Arnold a planifié son ascension, ne laissant rien au hasard, faisait un habile mariage, ne mettant jamais tous ses œufs dans le même panier. Il a géré sa carrière comme un bon père de famille, flirtant avec les Républicains sans braquer les Démocrates, jouant dans des films d’action mais également dans des comédies imbibées de bons sentiments. Au final, les américains se sont dits, c’est un chic type, cet Arnold !

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04 octobre 2007

Les acteurs ne meurent jamais

Rocky_course

Gueule cassée du cinéma américain, Stallone a pris des coups en trente ans de carrière hollywoodienne. Même de sacrées raclées ! Acteur abonné aux bides depuis deux décennies, animateur ringard d’émissions de téléréalité sur le câble, l’étalon italien a perdu de sa superbe. Il n’est plus cet athlète aux muscles saillants mais un véritable « has been », un tocard des plateaux. Juste bon à inaugurer des salles de remise en forme et des kermesses locales. Son vieux concurrent Arnold Schwarzenegger a eu plus de chance dans sa reconversion. Il s’est recyclé en gouverneur propret d’une riche Californie. Les succès de Sylvester, Sly pour les intimes, remontent à si loin que les cinéphiles les ont oubliés. Il porte sur son visage les stigmates de ses échecs : hémiplégie faciale, nez tordu, paupières en berne, dos voûté, mains gonflées de déménageur. A 61 ans, Sylvester ressemble plus à un ouvrier de Chevrolet à la retraite qu’à un jeune premier.

Rocky

Alors quand il a annoncé son retour sur les écrans, ses fans ont cru à une supercherie, un énième stratagème pour payer son dernier tiers des impôts. Un dernier tour de piste. Un jeu de massacre où les anciennes gloires sont lynchées, une dernière fois broyées par les médias qui les ont fait naître. Stallone enfilant le short à paillettes de Rocky Balboa, le boxeur vedette des années 80. On rigole. On se marre. Est-ce du second degré ? Un film underground ? Verrait-on Belmondo à 74 ans pendu à un hélicoptère au-dessus de Paris comme dans les années 70 ? Rocky ou Stallone, la fiction et la réalité se confondent tellement l’acteur ressemble à son personnage d’écorché vif. Cette opération de nostalgie a quelque chose de morbide. Du marketing pour trentenaires qui veulent revoir une dernière fois l’idole de leur enfance. On se refuse à être les victimes consentantes de cette mascarade. Et pourtant, dès les premières images, la magie fonctionne. Le dernier combat d’une star déchue, un hymne à la renaissance, à la vieillesse vaincue. Mieux, à la fin des 1 h 45, on ne trouve pas un instant ridicule qu’un sexagénaire combatte un jeunot bodybuildé de vingt-cinq ans. La réussite tient à une seule chose, la voix de Stallone, un son rocailleux, des phrases jamais terminées, une hargne inaudible. Les années sont passées et Rocky est devenu un restaurateur italien. Son vieil entraîneur imbibé de scotch noie son chagrin dans un entrepôt de viande froide. Sa femme Adrian est morte d’un cancer. Son fils unique, expert-comptable en quête de respectabilité le fuit. Le film commence par une peinture noire d’une Amérique à la dérive et finit en apothéose dans une salle surchauffée de Las Vegas. Les ficelles sont grosses ! Ca dégouline évidemment de bons sentiments mais on y croit. Du moins, le spectateur a envie de cette résurrection impossible. Quand Rocky reprend l’entraînement, au moment où les notes de «Gonna fly now » retentissent dans la salle, le public frémit et en redemande. Stallone a gagné son pari. Tout le monde le supporte et l’aime. Les grands acteurs transcendent la réalité. C’est pourquoi, ils nous manquent tant lorsqu’ils disparaissent. Ils sont les gardiens de notre propre mémoire. Alors, longue vie à Rocky !

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