10 novembre 2009
La télé d’hier
L’automobile est le parent pauvre de la télévision française. Politiquement incorrectes, grandes oubliées des chaînes généralistes, les voitures n’ont pas droit de cité dans les programmes. Les très rares émissions consacrées à la passion automobile sur le réseau hertzien ressemblent à du mauvais publi-reportage, un mélange de propos convenus et timorés. Et sur le câble et le satellite, la situation est encore plus grave. C’est la grande arnaque. Concepts ineptes achetés une bouchée de pain aux Etats-Unis, bric-à-brac indigeste de courses américaines et de télé-achat, montage à la va-vite, royaume de la foutaise, moyens dérisoires et au final travail de sagouin. La leçon est connue de tous, plus l’offre de chaînes est grande, moins la diversité des programmes est préservée. Alors, tout n’est pas perdu, il y a internet qui offre quelques images croustillantes et surtout le site de l’INA. Avec près de 1 300 extraits de reportages dédiés à l’automobile, le portail de l’INA est une plongée dans la nostalgie. Au-delà des actualités françaises où vous pourrez retrouver les inaugurations officielles du salon de l’auto de la fin des années 40 jusqu’à nos jours avec les visites d’état des Présidents Coty, De Gaulle, Pompidou, etc… Le site recèle quelques perles comme l’essai en 1978 de la Renault30 TX où sa consommation flirtant avec les 16 litres est considérée comme raisonnable, la ligne de la Fuegoen 1980 qui est jugée aérodynamique, un reportage de 1946 à la gloire du réseau routier, source de vitesse et de progrès ou mieux encore la RégieRenaultqui a offert en 1954 une 4 CV à des écoliers à la suite d’un grand concours. Le visionnage est souvent gratuit. Un seul dommage que ces extraits ne durent pas plus longtemps.
23 janvier 2009
Poème oublié de Joss Beaumont
Vitesse, ma funeste ivresse
Entends-tu ce bruit qui s’amplifie ?
Il arrive, il est là, tout près de toi
Ces montées en régime sonnent comme un défi
Quel est ce bandit qui ose braver la loi ?
Ma tête s’enivre, mon cœur s’emballe
Je n’ai jamais entendu un tel vacarme
J’ai peur que tout cela finisse en drame
Il dévore la route comme un cannibale
Pourquoi roule-t-il si vite ce possédé?
Quelle chimère espère-t-il décrocher?
Ne lui dîtes pas que c’est un fou à lier
Il ne sait pas quoi faire de sa liberté
Vitesse, ma funeste ivresse
J’ai mal au cœur
Mes mains tremblent de fureur
Vitesse, ma funeste ivresse
Tout petit, sa tête était déjà remplie de circuits
Des dizaines d’affiches de pilotes
Tapissaient les murs de sa chambre vieillotte
Il rêvait qu’il roulait toute la nuit
Il ne pensait qu’à conduire
Du soir au matin, sa vie tournait en rond
Son monde à lui était plus beau qu’un ballon
Il avait une terrible envie de fuir
Sa vie ressemblait à un tortillard
Une succession de routes sans trottoirs
Maintenant, il est trop tard pour tout arrêter
Ses rêves ont dépassé la réalité
Vitesse, ma funeste ivresse
J’ai mal au cœur
Mes mains tremblent de fureur
Vitesse, ma funeste ivresse
Sanglé dans sa combinaison de cuir
Sa destinée était parsemée de victoires
Personne ne pouvait lui interdire
D’aller au-delà de ses espoirs
Sa mère l’a vu partir
Dans ses bras, il reviendrait se blottir
Son grand frère avait le cœur serré
Un grand champion était né
Il volait au-dessus de la piste
Comme un funambule sans filet
A son passage, les gens n’étaient plus tristes
Et puis sa monoplace a décollé
Vitesse, ma funeste ivresse
J’ai mal au cœur
Mes mains tremblent de fureur
Vitesse, ma funeste ivresse
13 janvier 2009
La fièvre nostalgique
Les voitures sont dangereuses, elles roulent trop vite, elles polluent, elles tuent, elles sont le mal absolu. Eloignez vos enfants de ces engins diaboliques. Elles font perdre la raison aux hommes, elles sont le cancer de la société moderne. Chaque époque a besoin de trouver un coupable, un bouc-émissaire, une victime expiatoire. Sur l’autel de la bien-pensance, l’automobile est une offrande aux dieux de l’hypocrisie. Ne dites jamais que vous aimez les voitures, vous pourriez être dénoncé par l’un de vos proches. Une fois pour toutes, comment faut-il que l’on vous le répète ? L’automobile est un moyen de transport qui a pour seule vocation de vous emmener d’un point A à un point B. Ce n’est rien d’autre. Ne parlez pas de plaisir, de charme, de beauté. Seule la raison doit dicter vos choix. Les constructeurs eux-mêmes se sont rangés derrière cet avis général. Ils fabriquent des voitures qui sont respectueuses de l’environnement et qui ont plein d’airbags. N’allez surtout pas prononcer les mots : ligne, émotion, bruit, sensation, caractère. Vous n’êtes pas devant une œuvre d’art, mais devant un banal produit industriel aussi expressif qu’une boîte de conserve ou une clé à molette. Aujourd’hui, toutes les voitures se ressemblent, elles ont le même ADN, les mêmes caractéristiques techniques, ce sont des clones qui envahissent les routes du monde entier. Elles doivent répondre à un seul besoin primaire : se déplacer. Vous êtes un homme du passé qui réfléchit avec les schémas de pensée des années 60. Une sorte d’égoïste, de machiste, en clair, un pauvre type qui n’a rien compris à l’évolution de la société. Votre cerveau vous dit Vroum Vroum alors que vous devriez vous responsabiliser, penser aux générations futures, à l’avenir de la planète. Alors cessez vos enfantillages ! Vous ne regardez donc pas les publicités automobiles à la télévision. Elles sont de magnifiques témoignages en faveur de la sauvegarde de l’environnement. A vrai dire, il est de plus en plus difficile de déceler la présence d’une voiture dans ce genre de spots. Elle figure pourtant en arrière plan souvent masquée par des slogans que l’on croirait écrit par l’OMS, Al Gore ou la Prévention Routière.
Des incantations mystérieuses à ne pas rouler. Les voitures ont tellement disparu de l’écran qu’elles prennent parfois la forme d’un robot, d’un jeu de construction ou d’un jouet. L’automobile est morte, un point, c’est tout. Ne pleurnichez pas ! Il faut savoir éradiquer les mauvaises choses. Vous n’étiez qu’un barbare, un gros lourdaud qui ne pensait qu’à appuyer sur le champignon, un inconscient. Oui, un criminel ! Vous n’aviez qu’un seul mot à la bouche : vitesse ! Vous jubiliez lorsque Peugeot annonçait « 115 fauves sous ton capot » ou Alfa Romeo parlait « Des chevaux de feu » et qu’il « fallait libérer sa fougue ». Voyou ! Vous trouviez fantastique que le concessionnaire Jean Charles mette un indien sur les affiches vantant sa Jeep Cherokee Chief. Vous pensiez, naïf, que l’automobile pouvait avoir le parfum de l’aventure, des terres inexplorées, des grands espaces. Conquistador ! Vous rigoliez lorsque Citroën affirmait que sa CX Diesel avait du punch avec une vitesse de pointe de 146 km/h. Humour de garnison ! Vous vous gondoliez en apprenant que la série limitée GSA Chic était le comble de l’élégance. Moqueur ! Vous vous rappeliez avec émotion les publicités Volkswagen de votre enfance avec ce slogan « ce que la Coccinellea fait, aucune bête au monde ne l’aurait fait ». Adolescent attardé ! Vous aimiez le côté péremptoire des allemands, « les Mercedes six cylindres sont les voitures les plus équilibrées du monde ». Vantard ! La suffisance des anglais, « Jaguar, le V12 de la victoire », vous ravissait. Snob ! Vous étiez émus par la poésie de Renault « Caresse du soleil, jeux du vent, deux sourires...un bonheur… prendre la route en Floride ». Midinette ! Vous aimiez que Simca signale la présence de la moquette en série sur sa 1100 Special 7 cv. Nostalgique ! Voilà, le mot est lâché. Quel plaisir d’être un homme ou une femme qui n’a pas perdu la mémoire. Et comme disait Anatole France « le passé c'est notre seule promenade et le seul lieu où nous puissions échapper à nos ennuis quotidiens, à nos misères, à nous-mêmes ».
La jeunesse oubliée de 1940
Le Cherche Midi a eu l’idée lumineuse de réunir les Romans Acides de René Fallet. Au menu du plus grand écrivain de Villeneuve-Saint-Georges, trois textes « Banlieue sud-est, La Fleur et la Souris, Pigalle ». Ceux qui ne connaissent pas bien l’œuvre de Fallet vont plonger dans un monde inconnu où la poésie et la réalité forment un couple terrible. Vous avez été bercé par le lyrisme des récits de la Résistance, vous avez tremblé aux exactions de la Milice, mais que savez-vous réellement de la jeunesse de 1940 ? De ces millions d’adolescents abandonnés à leur triste sort. Avec Fallet, vous allez partager le quotidien de ces gamins qui survivent entre ennui et espoir. Ces trois romans ont été écrits entre 1946 et 1949 avec le souffle saccadé d’un auteur en herbe. Il y a dans ces lignes un désenchantement joyeux et la promesse d’une élévation de l’âme. Mais Fallet demeure le grand virtuose du sentiment amoureux, car chez lui tout est prétexte aux inflammations du cœur. A lire d’urgence.
12 janvier 2009
Hommage à Perec
Je me souviens de l’automobile d’hier
1
Je me souviens que les moustaches du designer Raymond Loewy étaient aussi raffinées que la ligne de sa Studebaker Avanti.
2
Je me souviens de l’air empoté de Johnny Hallyday au volant de sa Ferrari Spider California devant sa gentilhommière de Montfort-L’amaury.
3
Je me souviens de la mise au rencart des bus à plate-forme Renault TN de la ligne 21 « Gare de Lyon-Porte de Gentilly ».
4
Je me souviens du cabriolet Porsche 356 B de Janis Joplin passablement bariolé.
5
Je me souviens que le stationnement payant a été adopté par le conseil de Paris par 46 voix contre 31.
6
Je me souviens de l’immatriculation de la BMW 528 i de Jacques Mesrine : 83 CGS 75.
7
Je me souviens de la crinière de Robert Herbin dépassant du toit d’une Renault 5 pendant sa descente héroïque des Champs-Elysées après une défaite des Verts.
8
Je me souviens du Dauphin OUM qui avait voyagé en Citroën Break GS pour rejoindre le Marineland d’Antibes.
9
Je me souviens des cuissardes et du jean moulant de BB sur le capot d’une AMC Pacer.
10
Je me souviens que Jacques Laffite avait revêtu sa combinaison de pilote pour conduire un motoculteur Granja.
11
Je me souviens que Jean-Luc Bideau roulait en Porsche 928 dans le film « Et la tendresse ? Bordel ! »
12
Je me souviens de la Jaguar MKII de Lino Ventura assaillie par une marée d’enfants à la sortie d’une école.
13
Je me souviens qu’une Majorette coûtait 5,30 francs.
14
Je me souviens de l’album Satisfaction des Rolling Stones où le groupe était coincé entre une 404 bronze et une DS rouge.
15
Je me souviens du clip de George Benson « Give Me The Night » où il conduisait une Rolls Corniche.
16
Je me souviens d’une photo de Jean-Marie Perier où Richard Anthony portait un pantalon rouge dans une MG de la même couleur.
17
Je me souviens que Jean-Paul Belmondo n’arrivait plus à ouvrir la portière de son cabriolet 403 dans « Le Magnifique ».
18
Je me souviens de la Lotus Esprit « Submarine » de Corgi qui pouvait lancer quatre missiles de son toit.
19
Je me souviens de la publicité Esso qui nous conseillait de mettre un tigre dans son moteur.
20
Je me souviens d’un jeune secrétaire d’état à l’emploi, un certain Jacques Chirac qui avait plongé sa tête sous le capot d’une 403 pour une séance photo de Paris Match.
21
Je me souviens de l’étrange Excalibur de George Descrières dans la série « Sam et Sally ».
22
Je me souviens d’une publicité Renault où une voiture disait : « Bonjour, je suis la Renault 5, on m’appelle supercar ».
23
Je me souviens de Faye Dunaway décoiffée dans un buggy Meyers Manx à moteur Corvair piloté par Steve McQueen.
24
Je me souviens de la MG TF rouge du colonel Clifton, le personnage créé par le dessinateur Macherot.
25
Je me souviens de Sunsarié de Larcône, ce mannequin écrivain qui a trouvé la mort sur l’autoroute de l’Ouest en compagnie de Roger Nimier à bord d’une Aston Martin DB4.
26
Je me souviens qu’il fallait seulement 25 secondes à la Lamborghini Miura pour passer de 0 à 220 km/h.
27
Je me souviens que dans les polars d’A.D.G, les DS noires tenaient le haut du pavé aussi bien chez les notables que chez les marlous.
28
Je me souviens que Venantino Venantini avait des jambes trop longues pour se glisser dans l’Austin-Healey du « Corniaud ».
29
Je me souviens que François Mitterrand roulait en 403 le jour de l’attentat de l’Observatoire.
30
Je me souviens des différences entre la CX Prestige et Limousine.
31
Je me souviens que Claude Brasseur perdait patience au volant de sa Matra Rancho dans « La Boum ».
32
Je me souviens du décolleté abyssal d’une grande brune qui conduisait une Triumph TR3 dans « Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! » de Russ Meyer.
33
Je me souviens que les filles roulaient en Yamaha Chappy et les garçons en Honda Dax devant le lycée Henri IV.
34
Je me souviens d’une recrudescence de Rodeo sur les routes de Corse.
35
Je me souviens de George Pompidou inaugurant le salon de l’auto.
36
Je me souviens que la trappe à essence de la 404 se cachait derrière la plaque d’immatriculation.
37
Je me souviens du visage enfantin de Jean-Luc Lagardère.
38
Je me souviens que les émirs arabes avaient un faible pour les Cadillac Eldorado.
39
Je me souviens d’Alain Delon en VRP de luxe sur le stand Lancia du réseau Chardonnet.
40
Je me souviens que la Renault 30 TX devait « rivaliser sans complexe » avec ses concurrentes allemandes.
41
Je me souviens des femmes qui avaient préféré l’Innocenti De Tomaso Turbo à la Mini Cooper.
42
Je me souviens des stations essence Agip sur les autoroutes italiennes.
43
Je me souviens que la Jaguar XJ 12 5,3 litres affichait 31 chevaux fiscaux, c’était 8 de moins que la Rolls-Royce Silver Shadow.
44
Je me souviens du slogan de la Renault 17 TS : « Il y aura toujours de belles voitures ».
45
Je me souviens de la devise de l’Auto-Journal : « Indépendant et objectif ».
46
Je me souviens qu’il fallait plus de 40 secondes à la 505 diesel pour parcourir le 1000 mètres départ arrêté.
47
Je me souviens que Françoise Sagan conduisait pieds nus.
48
Je me souviens des dents de Franck Alamo aussi blanches que sa Jeep Dallas.
49
Je me souviens des propriétaires de Datsun.
50
Je me souviens que le professeur Choron roulait exclusivement en voitures américaines.
51
Je me souviens que Yannick Noah s’était offert une Ferrari 308.
52
Je me souviens que Nicolas Hulot aimait traverser le désert africain en Range Rover.
53
Je me souviens que les paysans préféraient les Citroën aux Renault.
54
Je me souviens qu’Emma Peel sillonnait à vive allure la campagne anglaise en Lotus Elan.
55
Je me souviens que Joëlle Mazart garait sa Renault 5 sur le parking d’un lycée de banlieue.
56
Je me souviens d’un « Champs-Elysées » où Nino Ferrer était arrivé en Lotus Super Seven.
57
Je me souviens des compartiments du Pub Renault.
58
Je me souviens des 504 du Tour de France.
59
Je me souviens des cabriolets affriolants de Dario Moreno.
60
Je me souviens de l’accent chantant de Jean Sunny.
61
Je me souviens des cravates en tricot de Gianni Agnelli.
62
Je me souviens des vendeurs Alfa Romeo.
63
Je me souviens des chemises hawaïennes de Magnum dans sa Ferrari.
64
Je me souviens que Claude Vorihon, futur Raël, était rédacteur en chef de la revue « Autopop ».
65
Je me souviens de la disparition de François Cevert.
66
Je me souviens du moteur V8 de l’Opel Diplomat.
67
Je me souviens du Type H de l’épicier ambulant.
68
Je me souviens de la Matra 530 transportant Gabin dans « Le Pacha ».
69
Je me souviens de la Rolls aux couleurs du parfum Jules.
70
Je me souviens des 2CV camionnettes jaunes des Postes qui ont remplacé les vertes.
71
Je me souviens des disques de stationnement.
72
Je me souviens des porte-clés Bibendum.
73
Je me souviens que René Metge était le beau-frère de Coluche.
74
Je me souviens de la Chevrolet Camaro de Jean-Pierre Jarier dans le championnat de Supertourisme.
75
Je me souviens d’Yvette Horner sur le toit d’une Traction.
76
Je me souviens que Léon Zitrone déjeunait dans sa voiture.
77
Je me souviens de l’accident mortel de Porfirio Rubirosa dans le Bois de Boulogne en Ferrari 250 GT.
78
Je me souviens de Nicole Garcia dans le break Volvo 145 du « Cavaleur ».
79
Je me souviens que l’une des premières Mustang immatriculées en France a été vendue au niçois Dick Rivers.
80
Je me souviens de Claude Lelouch dans les rues de Paris au volant de sa Mercedes 450 pour son court-métrage « C’était un rendez-vous ».
81
Je me souviens de l’Estafette des gendarmes.
82
Je me souviens du moteur rotatif Wankel.
83
Je me souviens des mères de famille qui roulaient en Talbot Samba Cabriolet.
84
Je me souviens de l’accrochage entre Lino Ventura et Aldo Maccione au début de « L’Aventure, c’est l’aventure ».
85
Je me souviens que Paul Morand conduisait sa Porsche 911 Carrera à plus de 80 ans.
86
Je me souviens qu’Helmut Newton avait photographié la DS avec des mannequins habillés par Paco Rabanne.
87
Je me souviens de la Renault 16 de Jean-Pierre Marielle en panne dans « Les Galettes de Pont-Aven ».
88
Je me souviens de la scène finale du « Lauréat » où Dustin Hoffman s’enfuit en Spider Alfa.
89
Je me souviens que le Shah d’Iran collectionnait les voitures.
90
Je me souviens de l’assassinat de Pierre Overney devant les grilles de l’usine Renault.
91
Je me souviens que Pegaso était la fierté automobile des espagnols.
92
Je me souviens que Fernand Raynaud s’est tué en Rolls à l’entrée de Cheix-sur-Morge dans le Puy-de-Dôme.
93
Je me souviens des 404 Familiales qui traversaient la Méditerranée chaque été.
94
Je me souviens des Renault Siete dans les rues de Barcelone.
95
Je me souviens d’Eddie Barclay en Mini Moke et costume blanc.
96
Je me souviens des reporters de Radio Luxembourg sur le toit des DS pendant les événements de Mai 68.
97
Je me souviens de la Mercedes 600 Pullman Landaulet du pape Paul VI.
98
Je me souviens que Pierre Cardin avait dessiné l’intérieur de l’AMC Javelin.
99
Je me souviens que Michel Audiard avait troqué le vélo de son enfance pour une Ferrari.
100
Je me souviens de Moustache en animateur débonnaire du Star Racing Team.
21 novembre 2008
Aller-retour Toulouse-Los Angeles
La vie de Paul Stern n’est pas facile entre une femme dépressive, un père transformé par un remariage et une existence qui semble filer entre ses doigts. C’était sans compter sur le destin, parfois impitoyable, Paul se retrouve embauché comme scénariste à la Paramount dans un Hollywood flamboyant. Et tout se complique encore plus pour le personnage créé par Jean-Paul Dubois dans « Les accommodements raisonnables ». On aime les romans de Dubois pour cette part de désenchantement et de rêve inachevé.

Morocco song

Un livre de Jean-Paul Enthoven, c’est la promesse d’une rencontre avec un très grand écrivain, peut-être le meilleur de sa génération. Ce jugement péremptoire le ferait sourire, il le trouverait absurde. Et pourtant qui en France, écrit mieux qu’Enthoven ? Dans « Ce que nous avons eu de meilleur », certains verront l’image d’un philosophe célèbre, d’une épouse opaque, d’un palais de la Medina rempli de fantômes et d’autres d’un cœur asséché qui tente de renaître, d’une amitié fabuleuse et du temps qui passe. Tout simplement somptueux.
Dard pique encore !

Nul besoin de présenter Frédéric Dard, le créateur de San Antonio, il a égayé nos voyages en train et nos longues vacances d’été. Nous étions pendus aux saillies de Bérurier, aux frasques de Sana et à cette langue qui résonne encore dans nos oreilles comme la mélodie de l’irrespect. Dard avait du talent, de la poésie et l’esprit tordu des grands auteurs policiers. Les éditions Points ont eu la bonne idée de rééditer « On demande un cadavre », un court polar qui a été publié la première fois en 1951 par Frédéric Dard sous le pseudonyme de Max Beeting aux éditions Jacquier. Pour amateurs de sensations fortes, de jolies pépés, d’escrocs débiles, de larbins courageux et de mystère commac ! C’est Rouletabille revu et corrigé par Michel Audiard et Raymond Chandler
J’irai revoir ma Normandie

François Cérésa est un merveilleux archiviste des amours perdus dans « Les moustaches de Staline ». Il réussit à restituer les sons, les images et les émotions de l’adolescence. Son personnage principal, Jean, revient à Cabourg sur les traces de son passé et retrouve Garance, son amour de jeunesse. Le livre commence comme un film de Truffaut et se termine comme un Melville. Le décor est planté, immuable, le Grand Hôtel, la plage de Cabourg, le Club Mickey, les bourgeois, les prolos, Prince Vaillant, Blek le Roc, une Buick décapotable et Yvonne, une mère, une actrice, une amante. Quand la littérature touche au cœur, elle ressemble à ce roman d’une âpreté jouissive.
En pleine lucarne

Il y a deux Marc Villard, l’auteur de polar reconnu et le nouvelliste qui nous raconte sa vie avec brio aux éditions L’Atalante. Après « J’aurais voulu être un type bien », « Un jour je serai latin lover », « Bonjour je suis ton nouvel ami », « Elles sont folles de mon corps » et « Souffrir à Saint-Germain des Prés », « Le coup du sombrero » est le sixième volet des aventures de cet écrivain qui ne nous épargne aucun de ses déboires sentimentaux et professionnels. C’est drôle, c’est cru, c’est émouvant, c’est juste ! Cette fois-ci, Marc Villard revient sur sa carrière avortée de footballeur professionnel, le livre est tout simplement dédié à Diego Maradona. On ne se lasse pas de ses petites chroniques où la vie se résume à un rectangle de pelouse de 7 140 m2. Si vous détestez le foot, ce livre est fait pour vous. Jubilatoire.



















